Chroniques du val de Sombrelune

Chapitre 1 : Le dernier espoir de Nid-du-Faucon (partie 1)

16 Arodus 4 707 : 
J'espère que ce forgeron est aussi doué qu'on le prétend, la route jusqu'à Nid-de-Faucon est longue et n’est pas des plus sûres.


22 Arodus 4 707 : 
J'ai dépassé Olfden il y a quelques jours, me voici en plein cœur du Val de Sombrelune. Le peu de gens que je rencontre sur la route m'observent avec méfiance. Le paysage quant à lui, y est majestueux. On peut apercevoir au loin les immenses étendues vertes des forêts de Sombrelune et d'Arthfell et où que l'on se trouve, les montagnes des Cinq Rois vous toisent de leur majesté millénaire.


23 Arodus 4 707 : 
En fin d'après-midi, j'ai enfin atteint les portes de Nid-du-Faucon. Après quelques regards sévères et une poignée de questions sur mes origines et le but de ma visite, les gardes m'ont finalement laissé entrer. Il m'a ensuite fallu trouver le forgeron, les gens d'ici ne sont pas commodes… mais vu leurs conditions de vie, qui pourrait les blâmer. J'ai entendu dire que le consortium qui exploite ces forêts possède toute la ville (certains à Olfden vont même jusqu'à dire qu'il possède aussi les habitants). Et on dit que toutes sortes de créatures rôdent dans les plaines et les forêts avoisinantes.
Enfin, j'ai fini par trouver ce Thorgil, le forgeron. A ma grande surprise, c'était un nain. Son nom aurait du me mettre la puce à l'oreille, mais d'ordinaire, seuls les elfes forgent ce genre de lames incurvées. Il ne n’était pas des plus chaleureux mais la lame qu'il m'a forgée est d'une qualité tout à fait remarquable.
La nuit tombant j'ai décidé de passer la nuit à l'auberge locale. Demain, je tenterai d'entrer en contact avec les autorités locales afin de voir si je peux gagner une poignée de faucons d'argent en chassant quelques créatures nuisibles.

23 Arodus 4 707 – Deuxième entrée :
En cherchant l'auberge, je suis tombé sur une jeune elfe malade qui s'est presque évanouie devant moi. Mes sorts curatifs ayant été sans effet je l'ai amenée à l'auberge pour qu'elle puisse se reposer. Maître Jack, le tenancier, est le premier homme chaleureux que j'ai rencontré depuis mon arrivé dans le Val. Il s'est empressé de se mettre aux petits soins pour la jeune femme, qu'il connaissait visiblement. A sa demande, je suis parti voir la botaniste locale, Lorell, afin d'obtenir un sérum ou un cataplasme pour la jeune femme.
Une fois sur place, j'ai appris que le mal dont souffrait la jeune elfe n'était pas inconnu aux habitants et que cette maladie étrange infectait le village depuis plusieurs jours. Elle me fit une rapide description de ladite maladie, ses symptômes, ses effets, ses origines et son mode de transmission.

#- Voir notes sur la maladie-#

C'est alors qu'est entré dans l'échoppe une étrange créature aux plumes sombres. L'être, mi-homme mi corbeau, était accompagné de deux enfants, une petite fille à l'air inquiet et un garçon quasi-inconscient. Lorell s’apprêtait à chasser l'intrus quand la jeune fille plaida en sa faveur : "Nan, c'est Peck, il est gentil. Il nous aidé à apporter Savram, il est malade.". Quintes de toux, perte de connaissances, crachat de sang, les symptômes parlaient d'eux même. Le jeune homme était atteint de la même maladie que l'elfe de l'auberge. Lorell, visiblement inquiète, s'adressa à la fillette en privé puis pris à part le corbeau et moi pour nous expliquer que le cas du garçon était grave.
Le corbeau se proposa alors de ramener le garçon chez son père, un ermite vivant à la lisière du village. Incertain des intentions de la créature (et probablement par curiosité) je décidais de le suivre. Après quelques minutes d'un silence pesant, la créature ouvrit la conversation. Notre échange fut bref car la ville n'était pas grande, mais elle m'a permis d'en apprendre plus sur la nature de mon interlocuteur. Son espèce se nomme les 'tengus', un peuple originaire des terres orientales. La Grande Rêveuse nous enseigne que toutes les créatures nocturnes ne sont pas maléfiques et quelle que soit la noirceur de son plumage, ce 'Peck' ne semblait pas mal-intentionné.
Les gardes de la ville, eux, ne partageaient visiblement pas mon avis et lorsqu'il le virent arriver, l'enfant malade dans les bras, ils s’empressèrent de le juger responsable. Et les mots de l'étranger que je suis n'aidèrent en rien à calmer la situation. Typique des gardes, ils sont si aveuglé par leur devoir qu'ils en oublient les gens qu'ils défendent. Alors qu'ils reprenaient l'enfant et chassaient le tengu, un bruit attira mon attention à la limite du rayon de ma lanterne.
Un homme-rat se tenait là, dissimulé derrière un tonneau et me fit signe de m'approcher. J'avais déjà entendu parler de ces créatures humanoïdes, parfois nuisibles et chapardeuses mais généralement simplement curieuses et incomprises. Vu comme les demi-elfes sont regardés, rien de surprenant à ce que des rongeurs d'une trentaine de kilos ne soient pas bien perçus. Enfin, toujours est-il que ce spécimen attira mon attention et profitant du fait que les gardes soient occupés, j’éteignis ma lanterne et me dirigea vers lui. Il disait connaître le père de l'enfant malade et vouloir lui apporter son fils, il me montra un passage pour sortir de la ville sans être remarqué si je pouvais récupérer l'enfant.
Hélas, les gardes avaient déjà récupéré l'enfant et je doutais de pouvoir les convaincre de me le confier. Je décidais néanmoins de sortir de la ville par le passage dissimulé afin de pouvoir informer son père de l'endroit où il se trouvait. L'homme-rat m'accompagna et, puisqu'il connaissait l’ermite, lui expliqua la situation. Ce dernier semblait peu réjouit de la nouvelle mais finit par se decider à aller chercher son fils auprès des gardes. Après ces aventures, je retournais à l'auberge de maître Jack afin d'informer l'elfe de mes découvertes concernant son état.
La jeune femme semblait avoir repris des couleurs et, après les présentations qui s'imposaient nous avons donc pu discuter de la situation avec Maître Jack, également présent. Son nom est Hinanodel, elle était venue rencontrer un contact en ville, mais ce dernier n'est jamais venu. D'après Jack, la raison est que l'homme en question a lui aussi été infecté il y a peu et n'est plus en état de sortir. En recoupant les informations que nous avions sur le champignon infectieux et les actions d'Hinanodel, nous avons émis l'hypothèse que le puit de Falcreux (c'est comme ça qu'ils appellent leur ville) pourrait être la source de la contamination.

23 Arodus 4 707 – Troisième entrée :
Maitre Jack a insisté pour que nous inspections le puits au plus vite afin de prévenir le village au plus tôt si notre théorie se révèle exact. Hinanodel, Jack et moi-même sommes donc partis examiner la source du village. En pleine nuit, même la vision elfique d'Hinanodel ne lui permit pas de sonder avec clarté les profondeurs du puits. Décidé à connaître le fin mot de cette histoire, je m'encordais à Bigadin, mon poney, avant de descendre en rappel au fond du puits. Nos doutes étaient bien fondés, juste au niveau de l'eau une étrange matière spongieuse, noirâtre et huileuse, couvrait les paroies pierreuses du puits. J'en pris un échantillon pour Lorell avant d'entamer ma remontée. Celle-ci s'avera plus difficile que prévu, et sans Hinanodel pour calmer Bigadin, j'aurais sûrement fini à l'eau.
Nous nous sommes ensuite rendus chez Lorell pour qu'elle puisse examiner l'échantillon récupéré. Je n'avais aucun doute quant à la nature de notre trouvaille, mais peut être que cet échantillon lui permettrait d'en savoir plus sur son origine ou la manière de le traiter. Lorsque nous sommes arrivés, la boutique de l'herboriste était toujours ouverte, Lorell se trouvait à l'intérieur, visiblement exténuée. Elle confirma nos soupçons concernant l'échantillon prélevé dans le puits mais semblait étonnée de cette découverte, arguant que ce champignon n'avait pas pu pousser là tout seul. J'en conclu donc que quelqu'un tentait d'empoisonner le village, mais avant que l'on ne puisse s'étendre sur le sujet, Lorell fut prise d'une inspiration et s'enfonça dans l'arrière boutique à la recherche de quelque chose. Après quelques marmonnement inaudibles elle revint avec un énorme livre et nous pointa du doigt une note au coin d'une page :

"Le brouet d'aracia trois fois il te faut prendre
Pour éloigner toux grasse, pourriture des boyaux
Lors que moisissure d'ébène vient à s'épandre
Mal qui vient de la terre, et pourtant vit dans l'eau"

Elle fit ensuite l'inventaire des matériaux requis pour la confection de cette décoction qui, selon elle, pourrait guérir le fléau qui infectait le village. Bien qu'elle possédait la plupart des ingrédients, quelques uns étaient manquants.

#- Voir notes sur les ingrédients -#

Après cela, nous sommes rentrés à l'auberge où nous avons informé Jack de nos découvertes. Ce dernier s'est alors empressé de monter la garde devant son établissement pour s'assurer que personne ne boive plus l’eau du puits. Quant à moi, j'ai regagné ma chambre pour réfléchir aux évènements et me reposer.

23 Arodus 4 707 – Quatrième entrée :
La raison voudrait que je quitte ce village avant de tomber malade à mon tour. Les autorités locales et les gros bonnets du Consortium ne feront apparement rien pour les habitants et ne paieront certainement pas un étranger pour partir à la recherche des ingrédients manquants. Je devrais partir vers une région plus prospère. Les Royaumes Fluviaux, peut-être..
Cependant, quelque chose me pousse à rester pour aider ces pauvres gens. Si personne n'agit, ils mourront… Au diable la raison, ma présence ici est une chance désespéré pour Nid-de-Faucon. Et je ne tourne jamais le dos à la chance. Demain, si cette elfe cherche toujours de l'aide pour aller chercher ces ingrédients, je l'accompagnerai.


24 Arodus 4 707 :
Cette matinée s'est révélée pleine de surprises. Alors qu'au petit matin j'annonçais à Hinanodel ma décision de l'accompagner, l'homme-rat de la veille est entré dans l'auberge, apparement à ma recherche. Jack n'était visiblement pas ravi de le voir dans son établissement. Mais cela ne semblait guère perturber le rongeur qui, après avoir réclamé des crêpes, se présenta sous le nom de Reedus. Il souhaitait également trouver un remède à la Souillure suite à un marché avec l'ermite. Mais avant que nous n'ayons eu l'occasion d'en discuter plus longtemps, l'homme-corbeau entra à son tour dans l'établissement, lui aussi à la recherche des deux étrangers. Kimi, la petite fille de la veille ayant commencé à montrer des signes d'infection et il cherchait donc également à trouver le remède contre la Souillure, comme Reedus et Hinanodel.
Les deux humanoïdes semblaient se connaître et l'homme-rat semblait avoir vis-à-vis de Peck un mélange de rancoeur et de méfiance. Le tengu l'aurait attaqué lors de leur précédente rencontre. Alors que je préparais mes affaires pour partir, leur querelle semblait s'envenimer d'avantage. Maitre Jack se racla alors bruyamment la gorge en allumant sa pipe. "Messieurs le temps presse, et puisque vous avez un but commun, peut-être pourriez vous mettre vos différends de côté jusqu'à ce que le village soit soigné. Qu'en dites vous ?". Ses paroles pleines de sagesse suffirent appartement à calmer les deux belligérants. Ainsi Hinanodel et moi-même purent leur expliquer nos objectifs et nous pûmes nous mettre d'accord sur l'itinéraire à emprunter. Jack nous offrit quelques provisions et nous entamèrent votre voyage.
La première étape sur notre route consistera à rejoindre le camp de bûcheron en lisière de la forêt. Hinanodel y connaît un rôdeur qui sera peut-être en mesure de nous renseigner sur l'emplacement de l'ancien de la forêt et sur la localisation des autres ingrédients.

* Hinanodel semble accompagnée par un lynx, une espèce de gros félin. Je crois qu'elle l'appel 'Nailo'. Pour elle, il ne s'agit pas d'un simple animal dressé mais d'un véritable compagnon. Vu ce dont l'Homme est capable, je comprends que l'on puisse chercher meilleur compagnie dans le monde animal.

24 Arodus 4 707 – Deuxième entrée :
Nous avons finalement atteint le camp, et nous campons un peu à l'écart pour la nuit. Le voyage fut plus long que ce que je ne le pensais. Notre camarade homme-rat nous ralentit avec tout son barda de fioles et de composantes alchimiques. En dehors de nos objectifs, nous n'avons pas vraiment pris la peine de discuter. Le voyage donc fut très calme et silencieux, comme je les aime. Je n'ai rien contre ces gens, même si je ne leur fait pas confiance. Ils ont certes décidé d'agir mais l'elfe n'avait pas vraiment le choix, et le rongeur le fait très certainement par profit. Le tengu quant à lui est un cas plus intéressant. Les gens du village ne semblent pas le porter dans leur coeur mais il prend quand même la route de l'aventure pour sauver leurs enfants alors que rien ne l'y forçait.
Enfin, quoi qu'il en soit nous avons trouvé ce rôdeur, Rhoddam. Il a pu nous indiquer la position de l'ancien de la forêt mais n'a rien pu nous apprendre de plus. Il nous a tout de même vivement déconseillé d'essayer de trouver la demeure de la sorcière de ces bois. Au moins maintenant, nous avons un cap.
Je suis surpris de voir avec quelle froideur les ouvriers nous ont accueilli. Même lorsque nous leur avons dit la raison de notre présence, ils nous ont à peine indiqué la cabane du contremaître. Ce dernier n'était pas bien plus bavard d'ailleurs. Je suis peut-être trop dur avec ces gens, il est normal que leurs conditions de vie les ai rendus aigris et méfiants.


25 Arodus 4 707 :
Rien de particulier à signaler durant la nuit. Nous avons repris la route au petit matin en direction de l'ancien de la forêt. Nous avons atteint le rivage du lac qui s'étend au centre de la forêt, la vue y est magnifique. Le soleil se reflète sur l'onde en un myriade de reflets irisés. Au loin quelques cygnes nous observent avec curiosité. La forêt, le lac… cet endroit me rappelle mon village natal. Hinanodel a trouvé un fennec pattes-de-feu blessé par un piège à loup non loin de la rive. Je vais aller voir si je peux aider à traiter l'animal.

25 Arodus 4 707 – Deuxième entrée :
Le fennec était un appât ; et le piège s'est refermé sur nous. Un archer nous a pris en embuscade avec deux ailes-rasoirs, des sortes de corbeaux de proie au bec ciselé et aux plumage noir et huileux . Avant même que je n'ai eu le temps de dégainer, l'un des oiseaux s'est jeté sur moi. J'ai réussi à le repousser au prix de quelques blessures légères mais alors que l'oiseau revenait à la charge, ce maudit homme-rat a jeté l'une de ses fioles dans ma direction. Cette dernière a explosé en vol, projetant une gerbe de flamme sur l'ailes-rasoir et moi-même. Si je n'avais pas été en mesure de me soigner rapidement, il aurait pu me blesser gravement. Peck s'est occupé du second oiseau, d'un seul coup de son pic de guerre lourd. Quant à Hinanodel, elle est parvenue à débusquer et à blesser l'archer. Ce dernier a alors tenté de s'enfuir mais Reedus l'a abattu d'un seul tir. C'était un tir remarquable. Il aurait été plus sage de tenter de l'attrapper en vie pour le questionner, mais mieux valait le tuer que le laisser s'enfuir.
L'archer était un hobgoblin mais rien sur son cadavre ne nous a permis d'en savoir plus sur son origine ou ses objectifs. Était-il simplement en train de chasser tout malheureux qui tomberait dans son piège ou nous attendait-il, nous, personnellement. Dans le second cas, qui aurait pu le prévenir de notre arrivée ? 

25 Arodus 4 707 – Troisième entrée :
Nous avons atteint la clairière de l'ancien de la forêt. Cet arbre est véritablement immense, il doit faire une bonne dizaine de mètres de diamètre et s’élève si haut que l’on ne peut même pas en apercevoir le sommet. Nous avons remarqué des corps en décomposition étalés sur les branches comme du linge sur un étendage. Pendant que j'écris ces lignes, Peck est en train d'escalader le grand arbre pour y collecter un peu de mouss..

25 Arodus 4 707 – Quatrième entrée :
Un serpent géant, il fallait que ce soit un serpent géant.. Cette horreur se cachait si bien dans l'arbre que je ne l'ai remarqué qu'à la dernière minute. Si je n'avais pas réagi plus tôt il me serait certainement tombé dessus de tout son poids. Ce reptile de plusieurs mètres de long était muni d'une paire de bras griffus. Il s'est jeté sur moi à une vitesse redoutable et m’a asséné plusieurs coups puissants dont l'un a passé ma garde. A cet instant Peck s'est jeté du haut de l'arbre sur la créature, tentant de lui asséner un coup de son pic de guerre depuis les hauteurs. Il plana sur quelques mètres et lorsqu'il fut juste au dessus se laissa maladroitement tomber droit sur la bête. Cette dernière, cependant, réagi suffisamment rapidement pour se dégager et éviter le coup. Sa riposte fut vive et mortelle, tous crocs et griffes dehors, elle commença à mettre Peck en pièces. Appelant la Déesse de la Bonne Fortune, j'assénais à la créature une frappe vertueuse qui détourna son attention de Peck avant que ses mâchoires ne lui arrache la tête. Une fois de plus la riposte fut immédiate et l'instant suivant je m'effondrais inconscient sur le sol, aux côtés du tengu.
Lorsque j'ai repris conscience, nous étions de retour sur la berge du lac. Peck et moi étions harnachés sur Bigadin.
Hinanodel m'a alors expliqué comment ses sorts nous tous deux ont maintenu en vie alors que son lynx et Reedus harassaient la créature ; qui finit par retourner se cacher dans l'arbre tandis que nos compagnions nous éloignaient du danger.
Je crois que nous allons prendre un peu de repos pour la soirée et passer la nuit ici.

View

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.